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Voyage initiatique en Mongolie

Témoignage

PROLOGUE

Il est 4h41. Je m’apprête à quitter le territoire mongol lorsqu’un message arrive sur mon écran.

« Merci d’avoir visité mon pays. Bon séjour en Chine. »

Je souris, et je remercie intérieurement pour ce mot inattendu. Car je n’ai pas visité la Mongolie . Je m’y suis immergée comme on se baigne dans les eaux matricielles. Je me suis laissée engloutir dans les bras d’une Terre-Mère — une terre qui, bien qu’elle n’en porte plus les traces apparentes, m’a vue naître il y a plus de 600 000 ans. J’ai vu naître cette terre. Mes pieds en foulaient déjà le sol lorsqu’il n’était encore que pou

Pourquoi ce voyage en Mongolie ? Genèse.

GENÈSE — L’APPEL QUI DORMAIT

Je n’ai pas décidé de visiter la Mongolie. C’est cette terre qui m’a appelée. Qui m’a rappelée à elle. Et cet appel prend racine bien avant ma conscience, tout au fond de ma mémoire.

J’ai neuf ou dix ans. Ma tante m’offre un livre pour Noël : Tartarin de Tarascon, l’histoire d’un homme peu conventionnel pour son époque. Un tartare.

Adolescente, passionnée d’histoire et de géographie, je deviens intarissable sur le désert de Gobi, que je présente en exposé devant mes camarades. Ma présentation est si vivante que le professeur me demande si j’y ai déjà séjourné. Je réponds, naïvement : non. Et pourtant.

Aux débuts de ma vie professionnelle, chez Air France, je travaille au plateau réservation. Systématiquement, mes collègues me confient les clients anglophones. Et l’une des premières destinations que je vends à l’international est Oulan-Bator. Personne ne sait où cela se trouve. Moi, si.

LES SIGNES S’ACCUMULENT

2020. Au cours d’un séjour, j’accueille un couple en voyage de noces. Le marié est médium. Un matin, tandis que je lui prépare son café, il me livre les visions qu’il perçoit à mon sujet — et me confie, entre autres choses, que je retournerai six cent mille ans en arrière pour trouver des solutions pour la Terre. L’information se dépose dans un coin de mon esprit. Le temps s’écoule.

Il y a environ quatre ans, au fil d’une conversation banale avec un ami, nous évoquons les destinations qui nous font rêver. Aucune ne m’attire, lui dis-je. Aucune, sauf la Mongolie. J’ai envie d’aller en Mongolie. Pourquoi, réplique-t-il ? Je l’ignore. C’est un ressenti. Le seul endroit qui m’attire.

AOÛT 2024. Une amie me demande les coordonnées d’une thérapeute en mémoire akashique. Je les lui transmets, en précisant que je compte moi-même m’y rendre prochainement, sans pouvoir le faire dans l’immédiat — je suis à pied, sans voiture, je viens d’avoir un accident quelques semaines plus tôt. Elle me propose alors de venir me chercher, pour que nous y allions ensemble. Banco.

Nous prenons rendez-vous. Pendant la séance, une information capitale émerge : je dois me rendre en Mongolie pour récupérer la dernière part de moi-même, pour achever ma remembrance. Je note.

Quelques jours plus tard, une autre amie rentre de Corée. Nous parlons voyage. Je lui confie ma décision de partir en Mongolie. Si tu y vas, me dit-elle, je viens avec toi. C’est parti. Je commence les recherches.

Durant cette période, je relis un ouvrage qui compte pour moi. Page 3, il y est écrit qu’une civilisation vieille de 600 000 ans se cache sous le désert de Gobi. Le puzzle commence à se recomposer.

LES PRIERES QUI PREPARENT LE CHEMIN

Ce même mois d’août, j’écris cette prière :

Source divine, créatrice cosmique de toutes choses, tout se met en mouvement pour mon voyage en Mongolie. Dans des conditions et circonstances au-delà de mes espérances, tout l’univers concourt à la réalisation de ce voyage.

Le temps s’écoule, et quelques connexions viennent encore me rappeler la Mongolie.

JANVIER 2025. Je prépare mon année. Je tire mes cartes. J’écris les prières, les messages, les mantras qui m’accompagneront. Et j’écris : Mongolie. Prière.

Je rappelle, dans la grâce et l’amour inconditionnel, l’énergie de mes vies passées, pour qu’elles envahissent ce temps et ce lieu. Je réabsorbe dans ma forme terrestre tous les électrons de toutes mes incarnations en Mongolie. Je commande l’activation complète et l’unification de ma conscience à travers toutes mes incarnations.

Que mes capacités passées et présentes s’en nourrissent. J’accomplis mon destin suprême. Donnez-moi clarté, paix et perspicacité, et assez de force pour la victoire complète.

FEVRIER 2025. Je me réveille d’un rêve où m’est apparu un homme. Il est blanc, d’abord, aux longs cheveux noirs. Puis il s’assoit en lotus sur une chaise, et se transforme : il prend les traits d’un homme de type indo-africain, aux cheveux mi-longs. C’est le même homme — simplement issu de deux époques, ou de deux dimensions différentes. Son énergie entre en contact avec mon champ énergétique. Je me dis alors que je rencontrerai peut-être un homme venu d’Asie.

J’étais partie pour un voyage en solo.

DU SOLO AU GROUPE — L’ENCLENCHEMENT DIVIN

retraite en Mongolie

JUILLET 2025. Ce voyage, pensé en solitaire, devient un duo. Puis quelle n’est pas ma surprise lorsque mon amie Ly Xian m’annonce que nous devons former un groupe — une canalisation de sa guidance, que je ne remets pas en cause.

Je suis le fil d’Ariane que m’envoie la Vie. Ce n’est pourtant pas ma tasse de thé : j’ai l’habitude du voyage en globe-trotteuse, je suis agent de voyage de formation, et je déteste les circuits organisés en groupe. Puis je remets ma casquette d’agent de voyage, et je commence à construire le circuit de ce périple initiatique. D’autres synchronicités apparaissent.

LA SECTE DU LOTUS BLANC

Dans ma salle de soins, je peins un jour un grand lotus blanc ; son énergie tournoie et emplit la pièce de son rayonnement bienfaisant. Pourquoi ce lotus blanc ? Quelque temps plus tard, en menant des recherches, je tombe sur un texte ancien évoquant la Secte du Lotus Blanc — une confrérie de Mongolie terriblement redoutée par les Chinois. (Je précise, à toutes fins utiles, que le mot « secte » dans le contexte asiatique n’a rien de la charge occidentale : les écoles d’arts martiaux s’appelaient couramment secte de la lune d’or, secte du dragon, sans connotation péjorative.) Une fois encore, la Mongolie m’interpelle.

DANS LES YEUX DE MON PERE

dans les yeux de mon père
Atopée en deel mongol

Mon père est français ; mon grand-père paternel, issu d’une famille de forains — ces nomades du spectacle. Mon père lui-même a été nomade toute sa vie professionnelle, conducteur de travaux sur les lignes ferroviaires, sillonnant la France, la Tunisie, l’Algérie. Feu mon père, quand il riait, avait des yeux étrangement bridés, dont j’ai hérité — un détail de son visage trahissant un métissage lointain, presque effacé. L’héritage tartare. Car le grand empire de Gengis Khan est parvenu jusqu’à la France actuelle, et les Mongols y furent renommés Tartares. De nombreux textes exhumés récemment le rappellent au public : Tartares et Mongols ne sont qu’un seul et même peuple.

Finalement, le groupe se forme très vite, et le voyage se formalise. Notre départ est fixé pour mai 2026.

LE VOYAGE — REVISITER L’ANCESTRALITÉ

Ce voyage fut d’une intensité rare, émotionnellement et énergétiquement. Je n’ai d’ailleurs presque pas écrit dans mon journal durant cette période : j’ai simplement pris le temps d’accueillir, de vivre pleinement chaque instant.

Certains points essentiels s’en sont dégagés — au premier rang desquels la nécessité de revisiter, d’ouvrir notre notion de l’ancestralité.

Tout au début du séjour, lors de la visite d’un temple dans un lieu reculé de la montagne, l’une des participantes, Gigi, s’arrête, stupéfaite, devant les ruines de l’édifice millénaire. Dans le mur se dessine une trace, une forme, une carte : celle du Bénin, son pays d’origine. Elle demeure longtemps à contempler ce message venu de la Terre.

Quelques jours plus tard, après des heures de randonnée en forêt, nous atteignons le sommet de la montagne, où se dresse l’un des plus anciens monastères de Mongolie : Tövkhön Khiid. Perché à environ 2 300 mètres d’altitude, au sommet de la montagne sacrée Shireet Ulaan, dans la province de l’Övörkhangaï, entouré de roches granitiques et de forêts de mélèzes, il domine la vallée de l’Orkhon. Ce petit ensemble bouddhique, fondé au XVIIe siècle par Zanabazar, compte parmi les sites historiques les plus marquants du centre de la Mongolie, et s’inscrit dans le paysage culturel de la vallée de l’Orkhon, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Là, dans cet ensemble de petits temples, Gigi et moi sommes attirées par le même édifice. Nos mains se posent ensemble sur les portes peintes de lotus blanc. « Cela fait des années, me dit-elle, que je rêve que je suis devant cette porte. » Nous plongeons alors dans un tourbillon d’énergie, intégrant une quantité phénoménale de lumière et de mémoires.

Ces deux événements m’ont conduite à revoir, à questionner notre notion de l’ancestralité. Nous la concevons de façon linéaire : une lignée, une race, un pays, une ethnie. Si, pourtant, si l’âme se réincarne le plus souvent dans une même lignée, ce n’est jamais systématique — elle peut choisir où s’incarner. Les lamas n’ont pas d’enfants, et pourtant, ils se réincarnent.

Nous pouvons voyager à travers les mondes, à travers les époques. Dans ma mémoire émergent, depuis des années, des souvenirs venus d’ailleurs. Durant une période de ma vie, j’ai réalisé sept tableaux en peinture médiumnique. Ce qui allait naître sur la toile, je l’ignorais : dans une transe, ma main se déplaçait, les couleurs s’agençaient d’elles-mêmes — une autre moi que la moi consciente était à l’œuvre. Je me suis peinte traversant le détroit de Béring à pied, sous les traits d’une Amérindienne. Or il est aujourd’hui admis, prouvé, que les peuples amérindiens sont étroitement liés à ceux d’Asie centrale. Curieusement encore, mes recherches m’ont menée vers un lieu de Mongolie que les bouddhistes nomment le berceau du monde.

Dans ma mémoire affleurent aussi les souvenirs d’une petite fille chinoise, qui s’entremêlent à ceux de la reine Pokou au Ghana, à ceux d’une Amérindienne libre comme l’air en Guadeloupe, à des réminiscences de mes vies passées en Égypte.

Alors, aujourd’hui, je vous invite à déconstruire l’étroitesse de notre vision de l’ancestralité. Si vous relevez ce défi, sans doute vos cellules libéreront-elles l’information, les souvenirs de ces autres vies, et cesseront la concurrence mémorielle et originelle. Les croyances qui nous façonnent aujourd’hui ne nous laissent voir qu’un seul paradigme — celui d’un peuplement de la terre né d’un couple unique, qui se serait multiplié, aurait migré, aurait muté. Mais vous vous en rendrez compte : la réalité est tout autre. (Ce sujet, je ne l’aborderai pas ici — plus tard, peut-être.)

Il n’y a pas un berceau du monde. Il y a des berceaux.

EPILOGUE

La Mongolie a été, pour moi, un voyage initiatique vécu en pleine conscience. J’y ai reçu beaucoup ; j’y ai aussi donné.

Cet homme de mon rêve, je l’ai rencontré. C’est au sommet d’une des dunes du désert de Gobi, alors que nous y trônions ensemble, que je me suis souvenue. Lui, moi, nous — les souverains, les héritiers de Sin’Amaraz, la civilisation de 600 000 ans enfouie sous le désert. Son nom m’avait été donné avant même mon départ. Si l’on cherche aujourd’hui des traces archéologiques, on ne les trouvera pas nécessairement : cette cité existe, mais dans d’autres dimensions.

Nous n’avons pas encore conscience que plusieurs mondes parallèles s’épanouissent sur cette même Terre, et que la vision fonctionne comme les ultrasons. L’oreille humaine, à son stade actuel de développement — ou de régression, selon le point de vue que l’on adopte et les informations dont on dispose — n’entend pas les ultrasons ; les animaux, eux, les perçoivent. Ils existent pourtant. Il en va de même pour la vue : lorsque nous accédons à d’autres dimensions, nous qualifions cette perception d’extrasensorielle, de médiumnique. Nous sommes aujourd’hui confinés dans une vision étroite et purement matérielle de la réalité. Il nous appartient de rouvrir les portes, de reprendre conscience que nous sommes des êtres multidimensionnels.

MON DERNIER JOUR EN MONGOLIE

Juste avant mon départ pour la capitale, mon dernier jour dans les steppes. Tout le monde dort encore dans les yourtes. Je me lève, et je m’élance dans la steppe, seule, portée par une musique qui me transporte. Je marche d’un pas si léger que je vole, les bras ouverts. Je respire à pleins poumons l’air de la steppe, l’air de la Terre de Mongolie. J’inspire, et une joie immense m’envahit ; une légèreté infinie s’instille dans mes cellules. Je cours, je danse, sous le regard de la seule Terre, des esprits de la Terre, du Soleil.

Je gravis la montagne, et je me pose. J’y réalise mon dernier rituel Ovoo — un cœur de pierre, pour dire merci à la Terre.

Merci de m’avoir appelée. Merci de m’avoir nourrie. Merci pour toutes les guérisons qui s’y sont déroulées, et pour toutes les belles âmes rencontrées sur mon chemin.

Merci à mon frère, l’organisateur de ce voyage — ce message est ressorti : nous fûmes parents, nous aussi, dans un temps lointain.

Merci à mon souverain, d’avoir été à mes côtés une fois de plus, de m’avoir conduite pour transcender ces anciennes blessures dont je ne parvenais pas à me défaire. Merci pour la connexion. Merci pour l’amplification de mon énergie.

Je vous remercie, avec sincérité, du fond du cœur. La flamme du souvenir est rallumée soyez en sûr nous nous reverrons.

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